28 juin 2010
I’ll be back
Bon les petits choux, je suis pas morte mais quasi trois semaines de bug + boulot, je vous avoue que j’ai un peu la flemme.
Je vous conterai mes aventures irlando-suédoises plus tard.
Love et glamour sur vous tous.
28 juin 2010
Bon les petits choux, je suis pas morte mais quasi trois semaines de bug + boulot, je vous avoue que j’ai un peu la flemme.
Je vous conterai mes aventures irlando-suédoises plus tard.
Love et glamour sur vous tous.
5 juin 2010
Je suis cruche. Vraiment. A chaque fois que mon mec me demande ce que je veux comme cadeau, je réponds « un poney ». Je n’aime pas spécialement manger de l’agneau, du cabri ou du lapin, parce que je considère que ces animaux sont beaucoup trop choux pour finir dans une assiette (le lapin c’est mignon toute sa vie, et le mouton et la chèvre, bon, c’est un peu fort pour moi).
Alors quand je suis partie visiter les Hébrides et que j’ai vu des bébés moutons par milliiiiiers, des phoques (« awkward sea dogs », a dit le chauffeur), encore des bébés moutons, et des papas moutons, et des mamans moutons, et des moutons noirs, et des moutons blancs, bref, beaucoup de moutons, j’ai mitraillé ma race. En plus le fameux soir des spaghettis, j’avais trop mangé et je suis allée promener mon gros bidon, on appelle ça une balade digestive. Donc je marche un bon mile, j’essaye de kidnapper un bébé mouton (ça rate) et je rencontre des vaches avec un air à la fois intelligent et agressif, c’était genre très inquiétant. Et en retournant à l’auberge, je rattrape un gars qui tient un faucon. Comme y a pas masse de gens autour, on entame une conversation à propos du faucon, qui est une femelle de 2 ans et s’appelle Ranny (un truc du genre). Là elle essaye de choper des lapins. Quand elle revient (sans lapin ensanglanté, dieu merci) le type me dit qu’il fumerait bien une clope, est-ce que je veux tenir le faucon pendant ce temps ? Comme je veux grave tenir le faucon pendant ce temps, il me passe le gant que les dresseurs ont, en cuir méga épais pour pas te faire lacérer la main (ça peut servir). Et m’explique comment faire pour que la bestiole ne s’enfuie pas et ne me crève pas les yeux. C’était FORMIDABLE. J’AI TROP KIFFE. AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH !
Après en Irlande je me suis improvisée amie des animaux, et j’ai réussi à ce qu’un canard vienne manger des Tucs dans ma main. En même temps c’est vrai que les Tucs c’est hyper bon, à la place du canard j’aurais sûrement fait pareil. Dans Dublin y avait pas masse d’animaux, par contre y avait plein d’humains bizarres, mais apparemment y a que dans les pays du Tiers-Monde qu’on peut prendre des photos des gens en gros plan, genre regardez ils sont pauvres, mais qu’ils sont beaux (quoique difformes. Parce que pauvres.). Oui, ça m’énerve un peu.
Et en Suède, bah à Skansen (j’y reviendrai, c’est un musée en plein air) il y a un genre de zoo avec des animaux plus ou moins scandinaves. J’ai vu UNE LOUTRE. C’est la win. Par contre la photo est vraiment ratée, donc je vous l’épargne. J’ai aussi vu : quelques rennes, quelques élans (à priori c’est pas le même bestiau. Ca reste un cheval avec des cornes et le pif tombant.), deux loups, des phoques, des sangliers, des bisons (moyen scandinave, pour le coup), des ours, un glouton (ils appellent ça wolverine. C’est un mélange entre un blaireau et un raton-laveur, c’est plus chou que ça en a l’air), des lémuriens archi-kawai et pas très suédois non plus. Entre autres. Beaucoup d’oies grises. J’ai aussi vu plein de mômes suédois blonds.
Photos ! Plein d’animauuuuuuux ! (complètement en vrac, d’ailleurs). Pour info l’espèce d’immonde squelette de poisson est effectivement un immonde squelette de poisson, et il vient d’une île de l’archipel de Stockholm qui a un nom avec beaucoup de syllabes et qui commence peut-être par un M ou bien par un F.
31 mai 2010
Hier soir (mais l’article précédent était déjà trop long), avec la plupart des gens du groupe nous sommes allés à pied voir Urquhart Castle, construit sur les berges du Loch Ness. Comme il était déjà tard, le château était fermé et nous avons donc pu entrer sans payer. C’est un truc assez formidable, je trouve : pendant les heures d’ouverture, tu payes, mais après la fermeture, personne ne trouve anormal que tu escalades la barrière pour aller explorer le château. Le seul truc, c’est que tu ne peux pas entrer dans les pièces, ce qui était embêtant à Eilan Donan mais pas trop à Urquhart, car de pièces il n’y avait point (toi aussi, sois époustouflé par ma syntaxe).
Le château a été plus ou moins détruit dans les années 1690 par les anglais qui craignaient qu’il ne serve de place forte jacobite. Toute cette histoire de jacobitisme a quand même provoqué un sacré bazar, depuis le moment où le Parlement a déposé James (en 1688, pendant la Glorious Revolution) jusqu’à environ la bataille de Culloden en avril 1746 (le 16 avril, même).
Donc après le barbecue et la nuit dans une chambre surchauffée, le bus nous a emmenés au bord du Loch Ness, où nous avons effectivement vu le monstre, comme vous pourrez le constater sur les photos. A part ça, il n’y a rien d’intéressant, en plus c’est pas très joli et il pleut.
Anecdote historique #9 : Le monstre du Loch Ness
La première fois que quelqu’un a vu le monstre, c’était au VIIè siècle, et c’était Saint Columba (qui d’après Wikipedia vivait au VIe siècle, mais oublions ça pour ne pas trop perdre en cohérence). Apparemment un type en train de nager aurait été attaqué par une bête. Des apparitions étaient régulièrement rapportées au fil des siècles, même s’il a fallu attendre le 20e siècle et le développement des appareils photos pour que Nessie devienne vraiment populaire. La photo la plus connue, qui montre un truc ressemblant vaguement à la maman de Petit Pied dans le Petit Dinosaure, et qui date de 1934, est en fait un faux, dommage (c’est le photographe lui-même qui a avoué, avant de mourir, en 1994).
Des tentatives pour scanner le fond du lac ont été faites, mais le lac est très étendu et très profond, ce qui ne facilite pas la chose. Bref, aucun résultat vraiment concluant pour l’instant.
Nessie pourrait être : un plésiosaure (voire une famille de plésiosaures, vivant entre le Loch Ness et la mer, les deux se rejoignant par un supposé tunnel sous-marin), un éléphant de cirque (lien), le simple résultat de bouts de tronc flottant à la surface et d’activité sismique en sous-sol, un gros poisson, un/des congres, un phoque ou alors rien du tout. Chaque proposition a été amplement débattue, pour n’arriver à aucun résultat. Ou alors quelqu’un a réussi à prouver qu’il n’y avait pas de monstre, mais si cela est rendu public, plus personne n’ira au Loch Ness et tous les locaux mourront dans la misère. Ceci dit il y a quand même des très grosses bébêtes dans ce lac, ils ont péché une anguille de 10m de long il y a quelques années.
Retour au bus pour notre dernière étape : Culloden Battlefield. Si vous êtes passionné par les guerres entre Ecosse et Angleterre, voilà un conseil : pas la peine de faire le déplacement. Trouvez un grand champ quelque part, plantez une ligne de drapeaux rouges d’un côté, et une ligne de drapeaux bleus de l’autre, et voilà, vous avez une reconstitution de Culloden. Il y a un mémorial (=gros caillou avec des noms dessus) et plusieurs memorial stones (=petits cailloux avec des noms dessus) : vous pouvez faire pareil chez vous, avec des cailloux, vous écrivez dessus et ensuite vous les prenez en photo de très près pour qu’ils aient l’air plus gros. J’espère que ce tutorial « reconstitue la bataille de Culloden chez toi » vous a été utile.
Anecdote historique #10 : la Bataille de Culloden
Bon je vous plante le contexte rapido : on est dans les années 1740, et Bonnie Prince Charlie (Bonnie ça veut dire « joli » et en gros ça voulait dire « le Prince Charlie est une tarlouze ». Ils étaient moyennement tolérants niveau homosexualité, à l’époque) décide de lancer une énième révolte jacobite. Ca a déjà raté plein de fois, on aurait pu croire qu’ils se seraient résignés, mais les écossais sont des gens persévérants/débiles (rayez la mention inutile). Donc Charlie décide de marcher sur Londres, après avoir réussi à réunir une poignée de Highlanders pour l’aider. Avant ça, il est allé en France où le roi (Louis XV) a promis d’envoyer des troupes pour l’aider. Enfin ça c’est ce qu’il raconte, parce qu’en fait ce que Louis XV a dit c’est « oui oui, on verra ça » et certainement pas « Hardi, chevalier, j’arrive! ».
Donc, disais-je, Charlie et ses anges hommes marchent (littéralement) sur Londres. Charlie espère que sur la route, d’autres personnes rejoindront son groupe pour aller bouter l’Hanovrien (Guillaume d’Orange, donc) hors de la Grande Bretagne. Malheureusement pour lui, il rencontre surtout des gens qui lui disent « Ahah mon gars, je te soutiens à feudon, tiens d’ailleurs, voilà de la bouffe et des habits, tu peux dormir ici si tu veux. Si je veux aller au casse-pipe avec toi ? Non, merci, non non, vraiment, regarde j’ai du gigot à la menthe sur le feu, je peux pas partir, désolé gros. ». Et c’est ainsi qu’il arrive à Londres avec une armée ridicule. Eclair d’intelligence, il décide de faire demi-tour au plus vite et de retourner en Ecosse. Avec les troupes anglaises à ses trousses. L’armée de Charlie remonte donc, au pas de course, jusqu’au Nord de l’Ecosse (bon là je le dis, ça a l’air facile, mais essayez de traverser l’Angleterre à pied, on en reparle après), sans trop faire de pauses et donc sans trop manger ni dormir. Ils arrivent à Culloden, vers Inverness et se préparent à l’affrontement.
Là, un pote de Charlie lui dit « Euh je dis ça comme ça, mais nous on est des Highlanders, notre spécialité c’est de débouler en hurlant d’une colline, euh, hein, te vexe pas, mais il est pas un peu plat ce champ ? ». Parce que oui, Culloden c’est un grand champ tout plat, pas du tout comme Glencoe et ce genre d’endroits qu’on trouve pourtant partout en Ecosse. Charlie dit qu’il voit pas où est le problème, qu’on peut bien charger sur du plat, après tout. Ils installent leurs trois canons (le guide ne nous a pas dit s’il avait fallu trainer les canons d’Ecosse à Londres puis de Londres à Culloden, ceci dit) et découvrent qu’ils sont une belle bande de bras cassés, puisque le mec chargé d’acheter les boulets s’est trompé de calibre. Résultat il n’y a qu’un seul canon sur trois qui fonctionnent, alors qu’en face les anglais en ont tout un tas, et qui marchent.
Je vous passe les détails sur le déroulement de la bataille mais en gros : monocanonade écossaise – riposte anglaise – charge highlanderesque (à ce propos, c’est le chef – Charlie – qui aurait du lancer la charge en courant devant, mais comme c’est un gros lâche il a envoyé un gamin de 15 ans à sa place. Brillant)- tir de mitraille anglais. Bilan : Moins d’une heure plus tard, défaite jacobite avec 50 morts côté anglais, environ 2000 morts côté jacobites.
Comme vous avez déjà pu le constater, les anglais sont des gros barbares, et décident qu’aucun des morts jacobites ne doit être reconnaissable. La bataille a duré une heure, mais il a fallu deux jours pour que les soldats anglais mais aussi les jeunes jacobites qui s’étaient rendus (en fait, parmi les combattants il y avait pas mal de jeunes de 13-14 ans, qui étaient déjà en âge de se battre, mais quand leurs pères ont vu que la bataille était perdue d’avance, ils leur ont dit d’aller se rendre. Le duc de Cumberland (chef des anglais, donc) a trouvé rigolo de les forcer à participer au massacre) pour défigurer les morts et s’assurer qu’ils ne soient plus identifiables. C’est très dégoutant.
La bataille de Culloden marque donc la fin des soulèvements jacobites, et après ça ont été interdits : les kilts, les cornemuses (QUEL DOMMAGE), les rassemblements de plus d’une dizaine de personnes, etc. Les prisonniers ont tous été exécutés ou déportés pour travailler dans les colonies, les fugitifs ont été poursuivis et exécutés, ceux qui avaient assisté à la bataille ou hébergé des jacobites furent exécutés également. Ca a fait beaucoup, beaucoup de morts, d’ailleurs on surnomme le Duc de Cumberland « le Boucher ».
Le champ de bataille de Culloden a été notre avant dernier arrêt avant Edinburgh, vu qu’on a visité une distillerie. J’aime toujours pas le whisky, d’ailleurs. Le soir je suis allée faire un pub crawl avec les français rencontrés à Skye, et là dessus une bonne petite nuit de 12h avant de me mettre à ne pas réviser mon partiel d’histoire. Ce fut formidable.
Photos ! (Admirez ma superbe photo du monstre)
A suivre (mais peut-être pas sous 3 jours) : un article sur les animaux, un article sur les fleurs, un article sur Dublin, un article sur la Suède, et un article larmoyant sur la fin de ce blog.
PS : article pas relu, écrit un peu à l’arrache. Vous m’en voyez navrée.
25 mai 2010
On approche sérieusement de la fin. Je suis passée en mode survie : si je suis assise ou allongée plus de 5 minutes, je m’endors (sauf dans le bus, c’est comme ça, j’ai du mal à dormir en bus ou en voiture. Par contre le ferry, c’est quasi instantané).
L’auberge (la fameuse traditionnelle blackhouse, pour mémoire) se situe dans un petit village des blackhouses. Il ne s’agit pas d’une reconstitution mais bien d’un village existant, et qui a été habité jusqu’en 1974, date à laquelle un des 7 ou 8 derniers habitants s’est pété le col du fémur en allant chercher de l’eau au puits (il n’y avait ni eau courante, ni chauffage, ni électricité, et je ne parle pas du téléphone) et où le gouvernement a décidé de les reloger ailleurs. Une des maisons est devenue un petit musée, une autre la réception, une autre notre auberge. L’intérieur a été refait, et les toits en chaume sont refaits de façon traditionnelle tous les 2 ans environ. Il reste une seule maison en l’état (celle de la personne au col du fémur brisé, d’ailleurs) où le sol est étrangement penché (à vue du pif je dirais une pente entre 5 et 10%, ce qui est énorme). Contre toute attente, les meubles n’ont pas tous glissés à l’autre bout de la pièce, je les suspecte d’être cloués au mur.
Dans l’autre moitié de la maison, où le sol ne fait même plus semblant d’être caché sous du vieux lino, il y a un métier à tisser le tweed. Le tweed de Harris répond à un certain nombre de caractéristiques (être fait dans les Hébrides, avec de la laine locale, par un local, et avec les méthodes traditionnelles) et est donc extrêmement cher (et il gratte, mais ça n’a pas de rapport). La femme qui nous fait la présentation parle très mal anglais, elle nous explique que chez elle on ne parle que gaélique, c’est la classe internationale. Son fils est dans la même situation, ce qui est très classe mais embêtant si un jour il espère quitter l’île (ce qui, à 25 ans, est loin d’être inenvisageable.). Par exemple il pourra pas draguer en boîte. L’angoisse.
La maison est chauffée à la tourbe, ce qui produit pas mal de fumée et sent assez bizarre.
Anecdote culturello-historique #7 : La tourbe (peat)
Je ne sais plus trop si j’ai mentionné le fait qu’il n’y a pas d’arbres sur l’île, mais voilà le fait est, il n’y a pas d’arbres sur l’île, à part une ou deux misérables plantations de sapins. Partout ailleurs, il n’y a que de grosses touffes d’herbe jaune qui visiblement ne se sont pas encore remises de l’hiver (moi non plus). Il y a quelques siècles, l’île était couverte de forêt. Et puis les hommes, ces vilains, sont arrivés et ont coupé les arbres pour construire leur maison. Ils ont aussi utilisé des cailloux, ce qui quand on y réfléchit est tout à fait rationnel vu qu’à l’époque, à part des cailloux et des arbres, il n’y avait pas grand chose, et que les deux font des matériaux tout à fait adaptés à la construction de maisons. Quels petits malins. Là où ça coince, c’est qu’au lieu de repousser, les souches ont pourri sur place et ont rendu le sol trop acide pour que de nouveaux arbres puissent pousser. Ca a aussi tué les arbres restants dans la foulée, comme vous avez pu le constater en Ecosse on ne fait rien à moitié. Et c’est toute cette matière en décomposition qui donne la tourbe (dites : yummyyyy !), qui est une sorte de pré-charbon. Donc de la tourbe, il y en a plein sur Lewis/Harris. Or la tourbe ça brûle lentement, la fumée n’est pas toxique et ça ne coûte rien. Aujourd’hui encore, il y a plein de maisons sur l’île qui n’ont pas de système de chauffage autre que la cheminée et de la tourbe. Pour obtenir de la tourbe, il suffit de se rendre dans un endroit sans arbre et avec des marécages (= n’importe où, en fait), de retirer la couche supérieure d’herbe et de découper de jolies briques. Ensuite on fait des petites piles pour que ça sèche, quand c’est sec on met tout dans un camion, on en fait une grosse pile derrière sa maison et hop, chauffé pour l’hiver.
Anecdote historique #8 : la criminalité
Bon là c’est un peu anecdote dans l’anecdote, je veux revenir sur le « on fait des petites piles pour que ça sèche ». Ces petites piles, on les fait à côté de l’endroit où on a découpé les blocs, sans mettre de cloture, ni de « ceci est la propriété de Hamish, do not touch ». Vous pouvez découper les plus beaux blocs de tourbe de l’histoire du bloc de tourbe, personne ne viendra vous les piquer, alors que ça prend du temps et que du coup il pourrait être tentant de voler le travail d’autrui (ne fais pas ça chez toi, l’ami, c’est très vilain). Tout ça pour dire : il n’y a pas de crime sur Lewis/Harris (enfin ça c’est la théorie, on a du ramener à Stornoway deux touristes qui s’étaient fait piquer une des roues de leur voiture. Uhuh).
Il y a quelques années, le gouvernement se rend compte que le commissariat de l’île ne rapporte absolument pas un rond. Pourtant il est important qu’il soit là. Histoire de ne pas fonctionner complètement à perte, le gouvernement demande aux policiers de faire un peu du chiffre (ELLE EST BELLE LA JUSTICE). En désespoir de cause, les policiers décident de verbaliser les conducteurs qui repartent du pub en état d’ivresse (je vous ai déjà parlé du goût des écossais pour la bibine ? vraiment ?). Vers 23h (oui bon à partir de là, il est possible que j’ajoute des détails sans aucun fondement historique, excusez), un type, appelons-le Tom, sort du pub, visiblement très éméché. Après 4 essais infructueux, il réussit finalement à introduire la clé dans la serrure de la voiture (c’est le carrossier qui va être content), titube, entre, démarre, cale, redémarre, et en route. Le voilà parti sur la Golden Road qui est une route à une voie avec quelques passing places qui permettent de croiser, mais pas de doubler (c’est important pour la suite). Les policiers, tout contents de l’aubaine, se mettent à sa poursuite. Enfin poursuite, façon de parler, puisque dès que la route devient suffisamment étroite pour qu’aucun dépassement ne soit possible, Tom tombe à 10km/h. Il roule comme ça pendant 1h30-2h. Les policiers klaxonnent, font des appels de phares, insultent copieusement notre joyeux drille mais rien à faire, ils sont coincés derrière. Au bout de 2h (ce qui fait une vingtaine de kilomètres parcourus, donc), Tom s’arrête enfin. Les policiers sortent, et lui font souffler dans le ballon. Rien.
Policier : – Euh c’est quoi ce délire, cré nom de nom ?
Tom : – Ben non c’est normal, je suis celui qui ne boit pas (Sam, donc, si vous avez bien assimilé les campagnes de prévention pour la sécurité routière).
Policier : – Mais y a personne dans ta voiture, tu les as oubliés tes potes, crétin de Clisham (un peu comme crétin des Alpes, mais adapté à l’île. 799m de haut, point culminant des Hébrides, ouais)
Tom : – Ah non non, pas du tout, je suis celui qui ne boit pas et qui éloigne les policiers du pub
Et là les flics se rendent compte de leur échec, et ils ont eu beau retourner le plus vite possible au pub, tout le monde avait eu le temps de zigzaguer jusque chez lui, pendant que la maréchaussée était coincée derrière Tom. Championship of life, les enfants.
A partir de là, on a passé 1h30 à Stornoway en attendant le ferry, c’était chiant à mourir et moche par dessus le marché. 3h de ferry, presque 2h de route, petit passage par Inverness (il y a un Primark, c’est la civilisation !) et nous arrivons à Drumnadrochit (proncer Dreume ze Drockète), au bord du Loch Ness, pour y passer la nuit. On a été rejoint par un autre groupe, et le lendemain ceux qui avaient payé pour un tour de 9 jours jusqu’aux Orcades (les puuuuuuuuuutes) ont continué avec l’autre groupe. Barbecue en plein air, presque pas de pluie (mais un anorak). C’était le fun.
Photos ! (Bon y a pas grand chose, mais comme je l’ai dit on a passé pas mal de temps dans le ferry et à Stornoway)
Le gros tas noir c’est la fameuse tourbe, l’espèce de machine de torture c’est un métier à tisser le tweed.
22 mai 2010
Deuxième jour passé sur l’île de Harris/Lewis, cette fois on reste sur la partie Lewis. On prononce d’ailleurs Liouwisse, pour votre culture personnelle.
Qu’y a-t-il à Lewis ? Ben pas grand chose, mais déjà beaucoup plus de choses qu’à Harris, ce qui n’est pas bien difficile puisque quand on y réfléchit, il suffit d’un seul quelque chose pour faire plus qu’un rien. C’est très philosophique tout ça.
Il y a, pour commencer, des pierres dressées, plus vieilles que Stonehenge, eh oui. Sauf que bon elles sont pas du tout installées pareil donc en fait on s’en tape. Mais quand même, tout ça pour dire, l’Ecosse c’est mieux que l’Angleterre. Le site s’appelle Callanish et à côté il y a un village qui s’appelle Cannish, mais comme j’étais la seule francophone, je suis la seule que ça a rendu hilare (il n’était pas encore 10h du matin, à ma décharge).
Les pierres n’ont pas toutes été dressées à la même époque, mais elles sont toutes installées à des endroits où il y a une très forte concentration de vagues d’énergie terrestre. Moi aussi ça m’a paru bizarre, mais apparemment c’est très scientifique et ça n’a rien à voir avec Madame Irma. Les hommes préhistoriques ne possédant pas d’appareils de mesure des vagues blabla, on suppose qu’étant plus proches de la nature, ils étaient peut-être capables de sentir ses ondes. Il est très peu probable qu’il s’agisse d’un hasard, car des études très sérieuses ont montré que la plupart des pierres dressées de ce type (et pas qu’en Ecosse) étaient construites dans des zones fortement énergisées.
Comme les écossais ont toujours aimé la difficulté, l’emplacement des pierres aurait aussi quelque chose à voir avec le soleil de midi du solstice d’été. J’ai pas très bien compris, mais en tout cas, ça explique le temps qu’il a fallu pour construire l’ensemble : admettons qu’on puisse monter une pierre par solstice (vu les moyens techniques et la densité de population de l’époque, je doute qu’il ait été possible de faire mieux). Il y a une cinquantaine de pierres. Ce qui, si on était en Arabie Saoudite, représenterait donc 50 ans de travail. Sauf qu’on est en Ecosse, et que la probabilité d’avoir du soleil (dans notre cas, l’absence de pluie ne saurait être considérée comme étant du soleil) à midi le jour du solstice d’été est quand même nettement plus faible. Ce qui explique que la construction de l’ensemble ait pris plus de 2000 ans. CQFD.
On est remontés dans le bus pour aller à une espèce de place forte viking. Il y en a plusieurs sur l’île mais aussi sur d’autres îles, et elles ont probablement toutes été construites par le même groupe de personnes car faites exactement de la même façon, sans tenir compte des différences de matériaux. Alors que s’il s’agissait d’un savoir transmis d’un groupe à l’autre, le groupe « receveur » aurait probablement adapté les plans aux pierres et au terrain disponible sur place. En attendant c’est drôlement bien foutu, avec des portes très basses pour que les ennemis, s’ils atteignent la porte, soient obligés d’entrer à moitié accroupis. Ce qui, on est bien d’accord, crée un léger désavantage face au défenseur qui attend de l’autre côté, bien debout, avec une énorme hache à la main. Shcuik. Il y a une double muraille avec fenêtres, et les signes de l’existence d’un étage dans le passé. Il manque le toit et la moitié du bâtiment de manière générale, mais c’était vraiment hyper bien conçu. Aujourd’hui, les seuls envahisseurs sont les moutons, qui bien que nombreux ne se distinguent pas par leur intelligence et n’ont toujours pas réussi à ouvrir un portillon en bois.
En parlant de moutons, alors que nous nous rendions à l’extrême nord de l’île, nous avons été victimes de ce que les vendeurs de cartes postales appellent le « rush hour » : un troupeau de moutons tranquillement en train de remonter la route. Ce qui provoquerait sûrement un bouchon s’il y avait vraiment des voitures. En l’occurrence, on est restés coincés 10 bonnes minutes derrière le troupeau, et on n’a été rattrapé par aucun autre véhicule. Ce pays a la win.
Le nord de l’île est vraiment très au Nord. Il y a des endroits plus au Nord en Ecosse, notamment dans les Orcades, mais là c’est déjà pas mal. Apparemment, si on continue en ligne droite, on finit par tomber sur les Feroe, puis sur plus rien du tout à part une île qui d’après Google Maps s’appelle Jan Mayen, mais dont personne n’a jamais entendu parler. On se lance dans une balade nettement plus plate que les précédentes, mais qui tient toujours pas mal du parcours d’obstacles (crottes de lapin, de moutons, et marécages). C’est beau sa race. Il fait beau, et les falaises tombent à pic dans une eau très bleue. Un fait rigolo, et c’est pas la première fois que je vois ça en Ecosse, l’herbe est très rase mais fournie, comme un gazon bien entretenu juste après la tonte, alors que de toute évidence personne ne s’amuse à venir tailler l’herbe à la serpe par ici. Je pense que c’est le vent qui empêche l’herbe de pousser. Ouais. Un peu plus long, il y a une plage que je qualifierais (n’ayons pas peur des mots) de supra-méga-trop-belle. Comme elle est entourée de falaises peu avenantes, on choisit de vivre et on rebrousse chemin.
Direction une autre pierre dressée, qu’on découvre un peu planquée entre deux fermes. Il y a tellement de pierres dans ce style ici que plus personne n’y fait attention, j’en ai vu plein dans les jardins des maisons qu’on a croisées (ça fait pas beaucoup de jardins, ceci dit). Mais revenons à nos pierres. Celle-ci est absolument colossale, 6 mètres de haut quand même, c’est tout à fait honorable pour un caillou. J’ai commencé par me dire que ça avait forcément un usage quelconque, que personne ne se serait amusé à lever un rocher comme ça juste pour honorer un dieu, et puis j’ai repensé à Notre Dame de Paris et ce genre d’édifice religieux, et je me suis dit que finalement si, c’était très possible que la pierre n’ait aucun usage pratique.
Rapide détour par un moulin viking. Il y a eu plein de vikings sur l’île jusqu’à plutôt récemment (quelques siècles) et du coup on croise pas mal de bâtiments plus ou moins en ruines qui viennent d’eux (notamment la place forte évoquée plus haut). C’est bien foutu, il s’agit d’un moulin pour le grain, qui est actionné par un ruisseau détourné (il y a un genre de canal) de façon à augmenter le débit et la puissance, pour pouvoir faire tourner la meule qui se trouve être un énorme caillou. En face du moulin il y a une autre petite maison qui servait de silo, avec un système d’aération par en-dessous pour empêcher la farine de pourrir. Je vous fais ça rapide, j’ai absolument aucune compétence en moulins vikings.
On dort à nouveau à la traditional blackhouse, et on mange une quantité improbable de spaghettis (c’est important pour la suite).
Photos ! (à peu près dans l’ordre de la narration)
19 mai 2010
Troisième jour de cette épopée, où nous ne nous levons pas à l’aube puisqu’il fait jour dès 4h30 du matin, mais bon hein on est partis à 8h30, donc il était tôt quand même. Direction l’île de Harris ! (je vous mets une petite carte pour que vous vous fassiez une idée, c’est une seule île mais en deux parties, la partie jaune claire c’est Lewis, et en vert c’est Harris. Ne me demandez pas pourquoi). Le trajet en ferry dure 1h30, j’en profite pour finir ma nuit sur les banquettes du bar.

Lorsqu’on arrive, il fait beau. Enfin disons qu’on voit un carré de ciel bleu et que le soleil n’est plus qu’à 4 couches de nuages de nous. Heureusement ça va en s’améliorant, et les deux jours passés sur Lewis/Harris le seront au soleil, c’est pas trop tôt j’ai envie de dire.
Ce qui est intéressant sur cette île, c’est que c’est toujours très très sauvage. A Harris, il n’y a qu’une seule route, qui fait le tour de l’île, et la partie de la route qui longe la côte s’appelle la Golden Road en raison de la quantité de thunes qu’il a fallu dépenser pour la construire (à grand renforts de dynamite). Elle a été construite pour permettre de rejoindre par la route les habitations qui n’étaient jusque là accessibles que par bateau.
On visite une église sans aucun intérêt, si ce n’est… des pierres gravées obscènes sur la façade extérieure. On y voit, sans aucun doute possible, une femme en train de se masturber, jambes joyeusement écartées, ainsi qu’un type qui est en train d’astiquer quelque chose qui n’est visiblement pas de la vaisselle. Apparemment c’était un hommage à la fertilité, et tout. Le type qui possédait l’église (oui c’est pas très clair, toute cette histoire, mais je vous rappelle que les britanniques ont un rapport aux églises assez différent du notre, j’en veux pour preuve les nombreuses chapelles recyclées en boîte de nuit, bar et magasin de luminaires qu’on trouve à Edinburgh) a fait 7 enfants en 20 ans (sachant qu’il avait déjà 70 ans quand il a eu le premier). Ce qui est tout à fait honorable, vu que pour mémoire, il y a moins de 2000 habitants sur l’île aujourd’hui, alors je vous laisse imaginer à l’époque. Sa maison représentait sûrement un village surpeuplé à elle toute seule.
Après une toute petite balade, on croise un camion-supermarché. Vaste concept. En fait, vu que la seule vraie ville sur l’ensemble des deux îles, c’est Stornoway (9000 habitants, oula, alerte mégapole), on a croisé plusieurs magasins ambulants : un camion avec une étagère qui contient des produits non périssables style conserves et pâtes, et une banque de produits frais (oeufs, viande, lait, fromage cheddar). Il y a aussi la version boucherie, qui vend notamment du très bon haggis (oui, le haggis c’est très bon). C’est d’une choupitude extrême, comme tout sur cette île, à commencer par pléthore de bébés moutons.
Pique-nique à la plage. On a joué au frisbee et mis les pieds dans l’eau (sauf Ebony, la wannabe guide, qui s’est carrément baignée. Ouais.)
Anecdote historique #6 : les plages de Harris
Au sud de l’île, il y a des plages. Jusque là tout va bien, on est sur une île, bon on s’y attendait un peu. Ce à quoi on s’attend nettement moins, c’est la tête des plages en question. Déjà dans les îles il y a beaucoup de falaises, et les quelques plages sont souvent des plages de cailloux. En revanche ici, les plages sont faites de sable blanc extrêmement fin, et l’eau est bleue turquoise. Tellement belle qu’il paraît qu’il y a quelques années, l’office du tourisme de Thaïlande, qui voulait des photos de plage paradisiaque pour une obscure brochure, est venu prendre en photo les plages d’Harris, avant de les faire passer pour des plages thaïlandaises (ils ont probablement incrusté un ou deux palmiers sous Photoshop, parce que je vous cacherais pas qu’il faisait quand même un peu froid pour des palmiers. Ou pour des humains, d’ailleurs).
Nous sommes ensuite remontés vers le Nord, dans la partie Lewis, pour la nuit. Le chauffeur nous a déposé au bord de la route, avec ordre de suivre les poteaux jaunes, pour faire la balade qui nous amènerait jusqu’à l’auberge. C’était très très beau, et surtout très très humide, des espèces de marécages s’étant développés un peu partout, y compris dans les montées, ce qui est à la fois étrange et pénible, bien joué. J’ai à nouveau prononcé quelques prières à la gloire de Juliette et ses chaussures.
On a dormi dans une « traditional blackhouse », c’est à dire une maison en pierre, assez basse avec un toit en chaume. C’était la classe internationale, surtout qu’il y avait tout le confort moderne à l’intérieur (ouf !).
Photos !
16 mai 2010
Nous nous levons vers 8h. Une des filles du groupe couine en dormant (et elle est borgne, mais ça n’a rien à voir). Comme je suis quelqu’un de particulièrement chanceux, je serai dans la même chambre qu’elle toutes les nuits.
La journée commence par un petit tour sur un bateau de pêcheur, avec un vrai pêcheur typique. Il ne pêche pas de poissons, mais des moules, des crabes, des écrevisses et des pétoncles. On a remonté les filets et cages, et goûté aux pétoncles crues (j’ai trouvé ça absolument immonde, soit dit en passant) puis cuites, ainsi que des moules. Extra-fraîches donc, c’était fort sympathique. Il nous a emmené de l’autre côté du lac pour nous montrer un élevage de saumons (voir photos) et a fait descendre une caméra dans un des bassins pour qu’on voie les saumons. C’est un truc de malade, y en a entre 50 et 70 000 par bassin, ils tournent tous en rond dans le même sens. De temps en temps y en a un qui saute hors de l’eau, probablement dans une tentative désespérée de foutre le camp (ça rate à chaque fois). Il y avait aussi des vrais-dauphins-pas-ceux-du-Marineland, mais un article spécial « vie sauvage » leur sera consacré.
Après cette petite virée lacquatique (mot-valise spotted), on a repris le bus pour pour aller sur l’île de Skye, laquelle île est joignable par un pont. Avant il y avait un ferry, mais il a été supprimé pour que les gens soient obligés de payer pour passer sur le pont et le rentabiliser.
Anecdote historique #4 : le pont de Skye
Donc ce pont a coûté hyper cher, parce qu’il est très haut, et ce pour une raison très conne : la Reine voulait que le bateau royal (le Britannia, amarré à Edinburgh la plupart du temps) puisse passer sous le pont. Et c’est pas une barque. Donc ils ont construit le pont suffisamment haut pour que le bateau puisse passer dessous, ce qui ne s’est d’ailleurs jamais produit. Pour rentabiliser le pont, ils ont instauré un péage, de 5£ par voiture et par aller (donc 10£ aller-retour) et 25£ aller simple pour les camions et bus. Autant dire que ça a vite rapporté gros et que ça faisait moyen rigoler les habitants qui sont allés voir le constructeur du pont pour lui dire « Tu crois qu’on est venus habiter sur une île au milieu de nulle part pour que tu y construises un pont, you wanker ?! » mais ça n’a pas marché, ils n’ont pas détruit le pont. Maintenant il est gratuit, mais je sais pas trop les circonstances de la suppression du péage, et je doute que ça intéresse qui que ce soit.
Après quelques minutes de conduite, on se retrouve ben… nulle part. Le nombre de moutons augmente à mesure que le nombre d’habitations diminue. On fait une petite marche dans les montagnes du sud de l’île, une région complètement pelée et qui a des petits airs de Seigneur des Anneaux au milieu de la brume (ouais, il fait toujours pas beau). Ca patauge un peu dans la boue, mais le sentier est bien tracé et surtout j’ai emprunté des pompes de marche à Juliette, je la remercierai jamais assez, ses chaussures m’ont sauvé la vie. Sérieusement. A la fin de la marche, nous sommes arrivés à une rivière qui paraît-il permet de rester éternellement jeune, on a tous mis la tête dedans, au cas où. Visiblement ça ne suffit pas à gommer les traces de fatigue, hier soir j’avais l’air hagard de celui qui n’a pas dormi depuis une semaine. Mais on en reparlera dans 80 ans.
On est tous remontés dans le bus (brève parenthèse : quand je dis bus, c’est un minibus 16 places, un bus plus gros aurait eu du mal à circuler, surtout sur l’île de Lewis) pour aller à Portree, capitale de Skye. Je dis capitale mais que personne ne s’emballe, restez calme s’il vous plaît, il n’y a même pas 2500 habitants. Et c’est moche. On voit toujours la carte postale avec les maisons colorées du Port au coucher du soleil, mais 1) il n’y a que 5 maisons qui sont colorées et 2) si c’est pris au coucher du soleil c’est parce que sinon on voit qu’au bout du port il y a d’énormes citernes vert kaki et vraiment pas belles. J’achète quelques cartes postales que j’oublie consciencieusement d’envoyer.
En remontant vers le Nord, les paysages deviennent beaucoup plus verts, mais tout a toujours l’air très aride, car il n’y a pas d’arbres, à part quelques plantations de sapins. On marche un bon moment et on voit des collines, des montagnes, des éboulements, des lochs, des moutons, et pas un seul être humain.
Anecdote historique #5 : le lancer de tonneaux
Il était une fois le clan MacDonald des îles (pas celui de Glencoe, donc) et son chef très méchant. Lorsqu’il voulait punir quelqu’un, il le mettait dans un tonneau, et le faisait rouler du haut de la colline (qui par endroit ressemble étrangement à une falaise) et le récupérait en bas. A ce stade, ça a presque l’air rigolo. Sauf qu’il plantait un long clou dans le tonneau, oui, tout de suite, ça fait moins envie. Et si le pauvre tonnelé (j’invente des mots, aujourd’hui) était toujours vivant, monsieur MacDonald plantait un deuxième clou et relançait le tonneau dans la descente. Puis un troisième, et ainsi de suite jusqu’à ce que mort s’ensuive. Il paraît même qu’il faisait des statistiques du nombre de clous nécessaire à chaque fois.
On arrive en fin d’après-midi à l’auberge de jeunesse de Flodigarry, où je rencontre deux français et deux belges fort sympathiques. L’auberge est chouette, et c’est le seul endroit où j’aurais la possibilité d’accéder à Internet de la semaine (ayant envoyé un colis la veille du départ, je devais transférer le numéro de suivi à ma moman). Départ à 8h30 le lendemain matin, direction Uig (dites-le plusieurs fois, vous allez voir c’est rigolo) pour prendre le ferry qui doit nous emmener sur l’île de Harris/Lewis)
Photos ! Le type rigolard, c’est notre chauffeur. Les quatre dernières photos sont des panoramas qui m’ont pris des plombes à faire, alors je vous invite vivement à cliquer pour les voir en grand.
13 mai 2010
Donc, disais-je, nous partons tôt le matin, sous la pluie. Bref arrêt à Stirling, pas pour voir le Wallace Monument (Dieu merci, d’ailleurs, ce bâtiment est chiant à crever) mais pour la statue de Robert the Bruce. On a bu du thé, et on s’est présentés. Tous mes covoyageurs sont anglophones : 6 australiens, 2 américaines, une écossaise (qui était en « training » pour devenir guide). Ils sont tous un peu plus vieux que moi (entre 25 et 30 ans), surtout une fille qui a dit qu’elle avait 37 ans, mais j’ai pas du bien comprendre parce que honnêtement elle avait l’air plus jeune que moi.
Anecdote historique #1 : Braveheart
On croit souvent que Braveheart, c’est William Wallace, à cause du film avec Mel Gibson, alors que pas du tout, bien que je ne mette pas en doute le courage du William, c’est bien Robert Bruce qui a été surnommé Braveheart. Ce mec était un grand malade, qui a décidé d’organiser des pourparlers avec un autre prétendant au trône d’Ecosse dans une église, et comme un neuneu il a tué le type en question dans l’église, ce qui fait que le Pape a excommunié l’Ecosse. Quelques années plus tard, le Pape a proposé de revenir sur cette décision, et il a écrit une lettre au « Governor » d’Ecosse Robert Bruce. Or Robert Bruce avait décidé qu’il était roi et que par conséquent, ce Governor Robert Bruce, qui ça pouvait bien être ben aucune idée. Quel débile.
On est remontés dans le bus, et on est allés au Doune Castle, château dont l’unique intérêt historique date de Sacré Graal, le film des Monty Pythons. C’est d’ailleurs quasiment le seul château du film, parce que l’équipe de tournage n’a pas pu obtenir les autorisations nécessaires pour filmer d’autres châteaux. Il ont part conséquent filmé Doune sous différents angles pour donner l’impression qu’il y avait différents châteaux, ces gus sont des champions de la vie. Je découvre à cette occasion que mon appareil photo a visiblement mangé des miettes et fait un drôle de bruit quand je l’allume. Le zoom marche un peu comme ça lui chante. J’ai eu un peu peur mais finalement il a tenu la semaine et ça allait même mieux vers la fin.
Passage par Glencoe, dont l’infamous massacre a déjà été conté sur ce blog, noyé dans le brouillard. Ensuite on s’est arrêtés à Inverlochy Castle qui est une vieille ruine entre un lac et nulle part, très joli. On reprend une tasse de thé. En fait on a passé BEAUCOUP de temps dans le bus ce premier jour, puisque nous sommes allés d’Edinburgh à Plockton, qui se trouve quand même à plus de 300km si on prend le chemin le plus court (ce qui n’était pas notre cas).
Détour pour aller voir Eilan Donan Castle, un château qui apparaît dans plein de films, notamment Highlander.
Anecdotes historiques #2 et #3 : Eilan Donan Castle
Eilan Donan est un faux vieux château, qui a environ 90 ans. En fait, il y avait bien un château ici, mais dans les années 1700 et des poussières, les espagnols ont décidé de lancer une nouvelle révolte jacobite en Ecosse (les jacobites étant ceux qui voulaient la lignée des Stuart sur le trône, plutôt que Guillaume d’Orange, qui est devenu roi pour des histoires de religion pas compatible des Stuart ou un truc du genre) et donc d’aider les écossais. Ils sont venus avec quelques tonnes de poudre à canon qu’ils ont caché dans Eilan Donan. C’était absolument brillant. Sauf qu’un jour les anglais se sont pointés dans leur petit bateau (le château est construit sur un lac) et se sont dit qu’il serait drôlement judicieux de bombarder le château. A leur décharge, ils ne savaient pas que le dit-château était plein de poudre. Ils déchargent donc les canons sur le château qui leur saute à la figure. Tout le monde meurt. Le château qu’on voit maintenant n’est donc qu’une reproduction à partir des plans qui existaient, ce qui explique qu’il soit entier et non pas complètement en ruines comme 90% des châteaux écossais.
Comme je l’ai dit, une partie du film Highlander se passe à Eilan Donan. Vu qu’il n’y a rien autour, il n’y avait pas trop de problèmes d’anachronismes, il suffisait de ne pas filmer la route et la petite maison à côté du château, rien de dramatique. Sauf que le jour du tournage, il y avait un pêcheur sur le lac. Le producteur arrive, dit bonjour, et fait remarquer qu’il y a un film en train de se tourner là, bon dis oh, casse-toi pêcheur. Le pêcheur explique qu’il ne peut pas se permettre de manquer une journée de travail. Le producteur lui répond qu’il va lui payer sa journée de travail, et puis celle du lendemain même tiens, à condition qu’il s’en aille. Le pêcheur dit d’accord. Le producteur demande combien rapporte une journée de travail. Le pêcheur répond 2000£. Le producteur demande s’il se fout de sa gueule. Le pêcheur dit que non. Le producteur est bien obligé de payer. Le pêcheur a tenu parole et n’est pas revenu le lendemain. Sauf qu’il est allé au pub, tout content de sa bonne aubaine et mu par un élan de générosité, il a payé sa tournée. Les gens lui ont demandé d’où sortait l’argent. C’est ainsi que le lendemain, tout le village était sur sa barque en train de faire semblant de pêcher pour avoir ses 2000£. Mais le producteur avait vaguement entendu parler de l’amour des écossais pour la binouze. Il a donc donné suffisamment d’argent au patron du pub d’à côté pour que celui-ci serve gratuitement toute la journée. « Gratuitement? se sont exclamés les faux pêcheurs, Mais c’est formidable ! Tirons-nous de cet endroit où on s’ennuie et où en plus il pleut ! ». Tout le monde est parti boire gratos, en oubliant les 2000£, au grand soulagement du producteur qui a pu finir de faire tourner les scènes tranquille.
Le soir nous avons dormi à Plockton, dans une auberge de jeunesse au bord de la voie ferrée (4 trains par jour de 11h à 17h, ça va, c’était pas trop bruyant).
Photos ! Avec, par ordre d’apparition :
10 mai 2010
Bien. Me voilà donc revenue de mon voyage écossais. J’ai tellement de trucs à dire et de photos que ce récit sera divisé en de nombreux articles, lesquels seront publiés pendant que je serai en Irlande puis en Suède, comme ça personne ne viendra râler en me demandant quand est-ce que je rajoute un article. Je suis vraiment brillante, comme fille.
Samedi 1er mai, nous pique-niquons gaiement dans les Meadows avec Adeline, Juliette, Camille et Marie (la vérité vraie, c’est qu’il pleuvait et qu’on crevait de froid, mais passons) et je soulève l’idée d’un voyage à Skye. Marie étant la seule à ne pas encore y être allée, on décide de s’organiser notre petit séjour. Jusqu’au moment où l’évidence nous a mis un bon gros pain dans la gueule : il y a environ 2 bus par jour sur Skye, 1 dans les Hébrides extérieures, et aucun le dimanche. Idem pour le ferry. Ce qui, en l’absence de voiture, est un peu embêtant, oui, quand même, un peu. Donc on abandonne, et je commence à chercher des tours organisés, tout en me gavant de chips trempées dans du hoummous (allégé, le hoummous). Je finis par trouver ce que je veux : 6 jours, 3 îles, des milliers de moutons. Le tour part le mardi 4. Je réserve. Ah non, je réserve pas, ma carte ne marche pas. Bon.
Le lendemain, je me rends directement aux locaux de la compagnie qui organise le tour. Qui sont fermés le dimanche. Soit. J’y retourne le lundi (la veille du départ, si vous suivez) et là ouf, il reste de la place, je réserve. Je rentre chez moi, case 6 jours d’affaires dans mon sac à dos (lequel sac à dos est exactement adapté aux limites de taille pour les bagages à main dans l’avion, mais ça n’a rien à voir), en me disant que comme d’habitude, j’aurai le plus gros sac. Eh bien sache, ami lecteur qui es déjà parti en vacances avec moi et qui ricane derrière ton écran, que non seulement je n’avais pas le plus gros sac, mais qu’en plus j’avais le plus petit. Eh ouais.
Donc bref on part à 8h30 du matin, le chauffeur a l’accent écossais réglementaire, il porte un kilt (anecdote à venir à ce propos), tout est fantastique. Sauf le temps, mais bon je m’y attendais un peu, après tout.
4 mai 2010
Les copains je me suis offert avec les sous de mon anniversaire, que l’on n’a pas encore fêté alors que je suis née en janvier, un bus tour de 6 jours dans les îles et au Loch Ness. Je reviens dimanche, préparez-vous à beaucoup de photos.
See ya.